Exposition photographique d’Igor Jelinski

Les gens et leur chez eux

“Une maison sur le toit” par les Cinq doigts de la main
  « Au commencement il y avait le goût, que dis-je, la passion du voyage. Ensuite, s’était mêlée la soif d’apprendre et de découvrir. Ah oui j’allais oublier ce cher Alphonse de Lamartine qui inspira notre aventure. Il écrivit un jour qu’ “ Il n’y a d’homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. “ Puis ajouta “ Ouvrons le livre des livres; vivons, voyons, voyageons. “ Nous le prîmes donc au mot...
En quelques mois nous organisâmes notre départ et partîmes avec une Land Rover sur les chemins du monde, pour deux ans d’aventures. En guise de maison, nous avions deux tentes sur le toit de la voiture que nous déplions pour la nuit. Oui, deux tentes, car nous étions une famille avec trois enfants, unie comme les “Cinq doigts de la main”. De la Cathédrale de Bourges, ville où nous habitions, nous allâmes plein est. Passer plusieurs mois au Moyen Orient buillonnant fut une expérience enrichissante autant intellectuellement que spirituellement. À Jérusalem, un homme nous dit un jour que les pays et les endroits que nous aimons, nous ne les aimons pas pour leur quintessence mais pour les personnes que nous y rencontrons. Tellement vrai! En chemin, ce ne fut qu’une chaine de rencontres, toutes bouleversantes de vérité.

 

Les livres de Kapuscinski nous accompagnèrent en Afrique noire et en une année, nous descendîmes du Caire jusqu’au Cap. La seconde année du voyage se déroula en Amérique du Sud, la voiture y fut transférée par bateau. Notre monture nous mena de Buenos Aires à Ushuaïa puis jusqu’à Lima par la Cordillère des Andes. Après être montés, non sans mal, à plus de 4 000 mètres d’altitude sur l’Altiplano nous descendîmes nous réchauffer au rythme de la Samba brésilienne. Quant à l’école, “la escuella de la calle” compléta l’enseignement que nous dispensions à nos enfants.
Près de deux ans après notre départ, nous prîmes un cargo pour rentrer en France. Parti  de Buenos Aires, il s’arrêta dans plusieurs ports dont celui de Dakar. Soudain tout sembla  familier. Quelle surprise et quelle joie de parler notre langue dans un pays si lointain après tant de mois de privation! Car partout, nous fîmes ce même constat. La plupart des rencontres se font en anglais excepté en Amérique du Sud où l’espagnol règne en maître. Régulièrement pourtant, on nous apostropha en français, que ce soit au Moyen Orient, en Afrique de l’Est, historiquement anglaise, ou en Amérique. Si user de l’anglais de façon basique et superficielle reste facile, les gens adorent la langue française. Néanmoins, nombreux sont ceux qui l’ont apprise à l’école pour l’oublier ensuite faute de l’utiliser. Le français reste la langue de la culture et de l’excellence intellectuelle.
Revenus avec des milliers de photos, des heures de films et des notes soigneusement conservées dans des carnets, nous participons aujourd’hui à des conférences, exposons nos clichés et préparons un livre pour conter cette aventure. Voyager avec les enfants n’est pas un poids, c’est avant tout une expérience extraordinaire pour la cohésion de la famille d’une richesse inégalable. Vous pourrez donc partager notre expédition lors d’une rencontre illustrée d’un court film puis aller admirer quelques unes de nos photos. »
Rachel, Igor Jelinski et leurs trois enfants.
 

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